Histoire féodale

La particularité de Germiny est d’avoir été longtemps partagé entre trois seigneuries. Il en est résulté l’existence de trois châteaux et de trois dynasties seigneuriales qui ne firent fusion qu’en 1705 quand  Joseph Le Bègue réunit tout le ban sous son autorité. Il y avait cependant encore trois maires à la veille de la révolution comme en témoigne le cahier des doléances de 1789.

Les trois châteaux étaient dénommés selon leur situation sur la côte où est assis le village. Seul subsiste, contre l’église le château d’en-haut. Le château d’en-bas, sur la rive gauche de l’Aar a totalement disparu au cours des XVIII et XIXième siècles.

C’est pourtant la famille titulaire de ce dernier qui finit par posséder les trois, obtenant du duc de Lorraine le titre de Comte de Germiny.

Avant les Le Bègue, le château d’en-haut appartint à l’illustre marquise de Chambley qui fut inhumée dans l’église en 1675, veuve depuis 50 ans de Charles de Haraucourt. Elle fut pleurée des habitants qu’elle avait protégés des exactions des Français et des Suédois pendant la guerre de Trente Ans.

Depuis le XIVième siècle la famille de Haraucourt tenait le fief du haut de Germiny. Gerard II, grand maréchal de Lorraine (1380),avait été le premier à porter le titre de sire de Germiny.

C’est son descendant, Evrard de Haraucourt, qui construisit le choeur de l’église, alors chapelle castrale.

Le château d'En Haut

Au sommet de la grande rue un ensemble de gros murs délimite des terrasses constituant l’espace castral.

A l’extrême nord de celui-ci des ruines subsistent de l’original donjon. Il est dans cet état depuis moins de 200 ans.

Nous possédons encore de bonnes descriptions de cette tour de pierres du XIIième siècle.

  Large de 16,5 m de côtes, fort de murs épais de 4 m, il était composé de quatre salles superposées, vaste de 40 m². A la base du donjon un profond sous-sol pouvait contenir les réserves du seigneur et de sa famille. La hauteur de ce monument (plusieurs dizaines de mètres avec le toit)était si considérable qu’une légende prétend que l’on pouvait de son sommet voir la cathédrale de Rouen, ville connue en Lorraine par le bûcher de Jeanne.

Au XIIIième siècle le donjon fut complet à la façon d’un château fort : une enceinte de hauts murs, cinq tours rondes, un logis pour le maître, des loges servant de refuge pour les paysans. Cet ensemble durait encore près de quatre siècles plus tard à l’arrivée des suédois.
Les destructions de la guerre de Trente Ans menèrent à une évolution décisive des bâtiments. Trois des tours disparurent.

Entre les deux subsistantes, le logis du seigneur fut transformé en une confortable résidence campagnarde. A la fin du XVIIième et au XVIIIième siècle elle était habitée une partie de l’année par les Le Bégue, hauts serviteurs des ducs de Lorraine.

Le reste de l’année une grande activité se maintenait autourdu château et de la ferme qui le jouxtait. L’une etl’autre de ces deux constructions étaient bâties sur de vastes caves voûtées où le maître et son régisseur conservaient les vins qui faisaient la richesse de Germiny et sa réputation Une restitution hypothétique, datée du XIXième siècle, nous montre à peu près ce que devait être cette gentilhommière avant la révolution.

C’est à ce moment que le château fut abandonné, ruiné. Vers 1830 le corps du logis fut vendu à plusieurs propriétaires qui le transformèrent en habitation. Tout un ensemble de maisons paysannes et de fermes s’établit en ordre très serré dans l’espace autrefois réservé aux seigneurs.

Pour une durée de plus d’un siècle un nouveau quartier de Germiny vécut entre la rue de l’église et la rue du château.

Le déclin démographique desserra la pression humaine. La fin du XXième siècle vit l’amorce d’une renaissance des constructions nobles.